
L'arbre et la feuille
Le livre et la page
La page et la phrase
La phrase et le mot
Le mot et la lettre
La lettre et l'encre
L'encre et la suie
La suie et la flamme
La flamme et le bois
Le bois et l'arbre
L'arbre et la feuille...
Tout se souvient.
Le lin tissé lorsqu'il ondulait dans les champs, le bois du papier lorsqu'il fleurissait au printemps, la plume lorsqu'elle frémissait dans le vent, la pierre lorsqu'elle comptait les siècles de temps.
Tout se souvient.
Et pourtant...
Il existe des objets sans mémoire, issus du monde des hommes, qui ne portent en eux nul espoir, nul parfum, nul trace du monde d'avant. Des objets orphelins, sans paroles, sourds et muets, froids et morts comme autant de pierres tombales.
Le bois se souvient, la pierre n'oublie rien; même le métal garde en mémoire le ventre de la terre d'où il est issu. Mais ces choses venues de nulle part, ces objets forgés de poison et de froideur, comment peuvent-il se souvenir? Comment peuvent-ils dire la terre qui les vit naître, le ciel qui les a contemplé, l'air qu'ils ont respiré?
Ces matières mortes avant d'être nées, ces fils de l'âge des hommes n'ont pour mémoire que celle qu'on leur a donnée, tristes artefacts glacés, éphémères au regard des siècles de l'esprit immortel.
Tendez l'oreille, vous qui vivez. Tendez l'oreille et écoutez les souvenirs des vieux bois, des pierres centenaires; écoutez-les vous raconter les forêts interminables, les champs et les sources; écoutez-les raconter cette vie qu'ils ont contemplé, écoutez, tendez l'oreille aux murmures des vieux objets.
Peut être entendrez-vous le murmure du vent dans des branches depuis longtemps tombées, le bruissement de feuilles depuis longtemps desséchées, ou le susurrement de la vie courant des racines à la cime...
Le livre et la page
La page et la phrase
La phrase et le mot
Le mot et la lettre
La lettre et l'encre
L'encre et la suie
La suie et la flamme
La flamme et le bois
Le bois et l'arbre
L'arbre et la feuille...
Tout se souvient.
Le lin tissé lorsqu'il ondulait dans les champs, le bois du papier lorsqu'il fleurissait au printemps, la plume lorsqu'elle frémissait dans le vent, la pierre lorsqu'elle comptait les siècles de temps.
Tout se souvient.
Et pourtant...
Il existe des objets sans mémoire, issus du monde des hommes, qui ne portent en eux nul espoir, nul parfum, nul trace du monde d'avant. Des objets orphelins, sans paroles, sourds et muets, froids et morts comme autant de pierres tombales.
Le bois se souvient, la pierre n'oublie rien; même le métal garde en mémoire le ventre de la terre d'où il est issu. Mais ces choses venues de nulle part, ces objets forgés de poison et de froideur, comment peuvent-il se souvenir? Comment peuvent-ils dire la terre qui les vit naître, le ciel qui les a contemplé, l'air qu'ils ont respiré?
Ces matières mortes avant d'être nées, ces fils de l'âge des hommes n'ont pour mémoire que celle qu'on leur a donnée, tristes artefacts glacés, éphémères au regard des siècles de l'esprit immortel.
Tendez l'oreille, vous qui vivez. Tendez l'oreille et écoutez les souvenirs des vieux bois, des pierres centenaires; écoutez-les vous raconter les forêts interminables, les champs et les sources; écoutez-les raconter cette vie qu'ils ont contemplé, écoutez, tendez l'oreille aux murmures des vieux objets.
Peut être entendrez-vous le murmure du vent dans des branches depuis longtemps tombées, le bruissement de feuilles depuis longtemps desséchées, ou le susurrement de la vie courant des racines à la cime...
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